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Une rentrée pas comme les autres

Mis en ligne le - Mis à jour il y a 1 ans

Une rentrée pas comme les autres

La crise sanitaire a mis l’école entre parenthèses de mars à juin, mais également déstabilisée la rentrée de septembre. La circulaire de rentrée sortie après les départs en vacances, est conforme aux années précédentes et nie la réalité de la situation.

Moins de préparation et des ruptures marquées

En maternelle, la primo-rentrée des PS promet d’être plus difficile, alors que les entretiens avec des familles découvrant l’école, les visites de locaux, le partenariat avec les crèches n’ont pu se dérouler comme prévu. Les discontinuités GS/CP et CM2/6e seront plus marquées, sans temps suffisant pour le travail de liaison. Dans ces conditions, les élèves des classes populaires privés d’école risquent de pâtir davantage encore de l’interruption prolongée de la relation pédagogique.

Des organisations fragilisées

Les affectations trop tardives des personnels ajoutent de la confusion. En fin d’année, des équipes ont souvent été incomplètes pour préparer la rentrée, répartir les classes, organiser les services partagés, etc. Souvent également, les effectifs ne sont pas stabilisés. En maternelle, l’incertitude domine la mise en œuvre des GS à 24, face au manque de postes.

Quelles priorités pédagogiques ?

Alors que la circulaire du « Plan de continuité pédagogique » est sortie le 17 juillet, on peut s’interroger sur sa mise en œuvre concrète dans les écoles. En cas de circulation active du virus, les équipes devront avoir le temps de se préparer aux différentes hypothèses. Or le ministère continue sa politique hors sol et envisage une rentrée « ordinaire » avec seulement un jour de pré-rentrée. Le SNUipp-FSU a demandé en CTM et en CHSCTM à décaler de deux jours la rentrée des élèves pour permettre aux équipes de se préparer aux différents scenarii.

La circulaire de rentrée reste conforme à la politique de ce ministère : évaluations standardisées, individualisation à tout crin, priorité aux fondamentaux, pressions sur les pratiques à travers le « plan français ». Or, pour réduire les inégalités scolaires renforcées par le confinement, les priorités devraient être ailleurs : patiente remise en confiance des élèves, restauration des collectifs apprenants, aménagement des programmes au sein des cycles, mais aussi des moyens consolidés et du temps pour des équipes pédagogiques à la professionnalité respectée et valorisée.