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Selon une étude européenne, seuls le salaires des enseignants grecs et français n'ont pas augmenté

Mis en ligne le - Mis à jour il y a 10 ans

Selon une étude européenne, seuls les salaires des enseignants grecs et français n’ont pas augmenté

« Dans la plupart des pays européens, la majorité des enseignants actuellement employés ont plus de 40 ans. En Allemagne, Italie et Suède, près de la moitié des enseignants de primaire sont âgés de plus de 50 ans, et dans le niveau supérieur cet âge est le plus fortement représenté dans presque tous les pays européens. Cette situation pourrait entraîner une pénurie d’enseignants », indique le rapport « Éléments clés sur l’éducation en Europe 2012 », rendu public par la Commission européenne le 10 février 2012.

« Bien que l’âge officiel de départ à la retraite et/ou l’âge minimum de retraite à taux plein se soit élevé depuis 2001-2002 dans près d’un tiers des pays européens, la majorité des enseignants partent à la retraite dès qu’ils y sont éligibles. Cependant, au Danemark, en Allemagne, Italie, à Chypre, en Pologne, en Finlande, en Suède, en Norvège, en République tchèque, Estonie, Lettonie, et en Slovénie, plus de 5 % des enseignants continuent à travailler même une fois l’âge officiel de départ à la retraite surpassé. »

FORMATION INITIALE.

La Commission européenne enjoint les pays de la zone à faire des « efforts afin de rendre la profession enseignante plus attractive. » « Dans le cadre du processus de Bologne, le degré de qualification minimum et la durée de la formation des enseignants a évolué. Dans la plupart des pays, le niveau licence (bachelor) est le niveau minimum actuel requis pour devenir enseignant dans le primaire et pré-primaire. Pour les futurs enseignants de primaire, la qualification minimum a augmenté, et dans dix pays - République tchèque, Allemagne, Estonie, France, Portugal, Slovénie, Slovaquie, Finlande, Icelande et Croatie - un master est désormais requis.

RÉMUNÉRATION.

Selon ce document, dans tous les pays européens, en valeur absolue, le salaire des enseignants a augmenté - parfois de plus de 40 % - durant la dernière décennie mais ces augmentations n’ont pas toujours été suffisantes pour permettre aux enseignants de conserver leur pouvoir d’achat.

« Dans tous les pays européens - à l’exception de la Grèce et de la France - les salaires statutaires en prix constants ont progressé durant la dernière décennie, tant dans le premier que dans le second degré. Dans 20 pays, une hausse considérable de 20 % des salaires en valeur absolue a été enregistrée dans les premier et second degrés. De telles augmentations s’observent dans le premier degré en Islande et dans le second degré en Espagne. »

« Au Danemark (dans le premier degré), en Allemagne, Italie, aux Pays-Bas, Autriche, Portugal, Finlande, Suède, et au Royaume-Uni (Angleterre, Pays de Galle et Irlande du Nord), les salaires des enseignants ont permis aux enseignants de conserver un pouvoir d’achat similaire à celui de 2000. »

« Pour un large groupe de pays, un effort considérable a été fait pour garder les salaires enseignants au moins à leur niveau de 2009. C’est le cas au Royaume-Uni, qui a continué à appliquer les recommandations du « School Teachers Review Body » de 2008 en augmentant les salaires des enseignants de 2,3 % en 2009-2010 et en 2010-2011 malgré le gel des salaires en vigueur dans d’autres secteurs publics. En Écosse, les salaires enseignants ont vu leur traitement augmenter en 2009 de 2,5 % et en 2010 de 2,4 %. En avril 2011, un gel des salaires est entré en vigueur pour une durée de deux ans. »

« En Lituanie, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, le salaire statutaire maximum est supérieur de 70 % à 90 % au salaire minimum et les enseignants peuvent atteindre ce niveau de salaire après seulement 10 à 15 ans d’expérience. À l’opposé, en Espagne, Italie, Slovaquie, et en Turquie, les salaires maximums sont seulement de 40 % supérieurs à ceux des jeunes enseignants, mais ces derniers auront besoin de 25 à 35 années d’expérience avant d’atteindre ce maximum. Enfin, en France et à Chypre, le salaire maximum que peuvent toucher les enseignants est presque comparable à celui que touchent les enseignants débutants, mais il faut 20 ans d’expérience pour l’obtenir. »

FORMATION CONTINUE.

« Dans certains pays, les enseignants ne sont pas explicitement obligés à suivre un programme de formation continue. Cependant, en Pologne, au Portugal et en Slovaquie, la formation continue est clairement associée à la progression de carrière des enseignants. Au Portugal, une non-participation à ces formations peut même être pénalisée ou considérée comme un élément défavorable dans l’évaluation des enseignants. »

La Commission note toutefois que « les programmes de formation continue ont gagné en importance ces dernières années. » « Tandis qu’en 2002-2003, il était considéré comme optionnel pour les enseignants d’y participer dans près de la moitié des pays européens, ces programmes sont maintenant considérés comme une obligation professionnelle dans 26 pays ou régions. En Espagne, France, Lituanie, Roumanie et Slovénie, la participation à cette formation est un prérequis à tout avancement de carrière et hausse de salaire. » En outre, « des programmes de formation continue liés à l’introduction de nouvelles réformes sont en général obligatoires pour les enseignants de l’ensemble des pays de la zone. »

FINANCEMENT.

L’Union européenne continue de dépenser « près de 5 % de son PIB dans l’éducation », entre 2001 et 2008. La dépense par élève augmente avec le niveau d’enseignement apporté. Dans l’Union européenne, le coût moyen annuel pour un élève du second degré s’élève à 6 129 euros, contre 5 316 euros par élève dans le premier degré. »

CHUTE DÉMOGRAPHIQUE.

« Durant les 25 dernières années, le nombre total de jeunes âgés de moins de 30 ans dans l’Union à 27 a chuté de 15,5 %, passant de 204,3 millions en 1985 à 172,6 millions en 2010 », note la Commission. Les moins de 30 ans représentent 34,4 % de la population européenne en 2010.

La baisse touche davantage le groupe des 10-19 ans (22 %), suivi par les 0-9 ans (16 %). Le groupe des 20-29 ans connaît le plus faible taux de déclin : 8.7 %.