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Le coup de pub de Luc CHATEL

Mis en ligne le - Mis à jour il y a 10 ans

Evaluations CM1 et CM2

Le coup de pub de Luc CHATEL

Le ministère annonce une progression des résultats aux évaluations CE1 et CM2 et voit dans les premières le fruit de ses réformes. Une opération de communication autour d’évaluations dont la conception et l’analyse des résultats manquent de rigueur scientifique. Pendant ce temps, la part de l’échec scolaire ne se réduit pas et la politique de suppressions de postes continue.

A en croire le ministre de l’Education nationale, le niveau des élèves de CE1 en Français et en mathématiques est en nette progression. Mardi 28 juin, lors d’une séance de questions devant les sénateurs, Luc Chatel a en effet indiqué que la part des élèves ayant « des acquis solides » en français était passée de 44% selon les évaluations de 2010 à plus de 50% lors des évaluations de cette année. La progression, bien que moins importante, concerne aussi les mathématiques. La part des élèves possédant des acquis solides étant passée de 47% à 51,6%. « Nous avons revu les programmes, nous les avons concentrés sur les fondamentaux, nous avons mis en place depuis trois ans un système d’aide personnalisée et de soutien à la lecture" a-t-il indiqué pour expliquer cette progression. "J’ai le sentiment que, progressivement, cette politique est en train de payer, et nous permettra d’avoir de meilleurs résultats, c’est-à-dire moins d’élèves qui quittent le premier degré en ne maîtrisant pas les fondamentaux » a-t-il ajouté.

Pas de réduction de l"échec scolaire

Hier mercredi 29 juin, Luc Chatel a poursuivi sur le même thème en présentant les résultats aux évaluations en Conseil des ministres. S’il constate aussi une progression en CM2, il préfère concentrer son analyse sur les résultats des élèves de CM1 qui « constituent la première cohorte à avoir bénéficié de la réforme depuis la grande section de maternelle ». « Près de 80 % des élèves arrivent en fin de CE1 en ayant de bons acquis en français et en mathématiques. Plus précisément : 78,4 % en français, en progression de 3,8 points par rapport à l’année 2010 et de 5,6 points par rapport à l’année 2009 ; 78,7 % en mathématiques, contre 77,4 % en 2010 et 74,8 % en 2009 » Des chiffres différents de ceux donnés au Sénat mais qui prennent en compte les élèves ayant obtenus plus de 29 bonnes réponses alors que la veille il n’avait considéré que ceux ayant fourni plus de 39 bonnes réponses. Reste donc plus de 20% d’élèves en difficulté, un chiffre qui ne s’améliore pas et qui signe l’inefficacité de la politique du gouvernement en matière de lutte contre l’échec scolaire.

Doutes sur la rigueur scientifique de l’analyse du ministre

Le SNUipp a vivement réagi hier, considérant qu’il s’agit avant tout d’ « un exercice de communication ». « On nous ferait croire que le saccage de la formation initiale et continue des enseignants, les suppressions de postes constituent un bien pour l’école et la réussite des élèves » s’insurge-t-il, mettant en doute « la rigueur scientifique de l’opération ». En effet, le syndicat appelle le ministre à s’interroger « sur les conditions de préparation et les contenus des épreuves », sur la part des « entrainements aux mêmes types d’exercices » que ceux présentés l’année précédente et aussi, sur la pertinence d’un système mesurant « les performances de l’école en se focalisant seulement sur quelques compétences ».

Pour des évaluations diagnostiques en début d’année

Rappelant « l’épisode de l’an dernier qui avait amené le ministère à introduire un coefficient correctif pour compenser la baisse des résultats en mathématiques », ce qui avait déjà jeté un sérieux discrédit sur ces évaluations, le SNUipp estime qu’elles « ne constituent pas un outil au service des élèves » et qu’ « elles sont utilisées comme une opération de communication savamment orchestrée ». Il demande « un retour à des évaluations nationales diagnostiques, placées en début d’année scolaire afin de permettre à l’enseignant de connaître et comprendre la nature des réussites et des erreurs de ses élèves ». En outre, estimant que le l’exercice d’autosatisfaction du ministre fait peu de cas des 20% d’élèves en difficulté, le SNUipp rappelle que "ce qu’attendent les enseignants, c’est que l’Ecole permette à tous les élèves, notamment les plus fragiles, de réussir".

A LIRE :
- Le communiqué du SNUipp

- La communication de Luc CHATEL en Conseil des ministres

- Les résultats aux évaluations par académie