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Formation en constellations : sans les étoiles

Mis en ligne le - Mis à jour il y a 1 ans

Formation en constellations : sans les étoiles

Les nouvelles modalités de la formation continue sous forme de « constellations » ont bien du mal à laisser la main aux équipes et à répondre ainsi aux véritables enjeux de l’accompagnement des PE. La mise en application sur le terrain détourne l’objectif initial de partir des besoins du terrain en imposant les contenus de formation sur les lubies pédagogiques de la rue de Grenelle.

La formation continue évolue avec la mise en place d’une nouvelle modalité appelée en « constellations ». Il s’agit d’une organisation, au sein de groupes réduits de six à huit enseignant•es, animée par un formateur ou une formatrice, et qui est sensée s’appuyer sur les pratiques réelles des enseignant•es.

Une démarche potentiellement pertinente…

Basé initialement sur un recueil et une prise en compte des demandes des personnels concernés, le nouveau schéma directeur de la formation continue de tous les personnels, dont les grandes lignes sont parues il y a maintenant un an au Bulletin Officiel (lien), aurait pu participer d’une amélioration significative de la formation continue qui jusqu’à maintenant peine à trouver crédit dans la profession. Le ministère parle même « d’un passage d’une logique de l’offre à une logique de la demande ». Le principe d’un travail entre pairs, reconnaissant une expertise professionnelle, devait également permettre un accompagnement au plus près des problématiques réelles du terrain. Certaines équipes d’école et de circonscription proposent ainsi des réflexions ancrées sur la pratique de classe, dans une démarche de co-construction.

... Mais

Le passage de « la logique de l’offre à la logique de la demande » semble quand même bien être resté dans les cartons puisque c’est à l’occasion du déploiement de son plan français ficelé du plus haut que le ministère inaugure ces nouvelles modalités de formation. Malheureusement, très rarement constitué sur la base du volontariat, avec peu voire aucun recensement des questions de métier élaborées par les enseignant•es, le dispositif se focalise sur un enseignement limité du français et passe à côté de l’occasion d’un engagement des personnels qui les aurait rendus acteurs et actrices de leur formation. L’obligation de co-observation imposée parfois, constitue une violence pour certain•es, met à mal le principe de formation, vécue alors comme un contrôle, et place les formateurs et formatrices en difficulté. Enfin aucun moyen n’a été débloqué pour faire face à la surcharge de travail des CPC et PEMF. .

Une formation continue déplacée sur les vacances

Ce renouveau de la formation continue interpelle. Feignant de prendre en compte des demandes issues du terrain, le ministère manie, comme souvent, la carotte et le bâton. Car cette mise en place est concomitante d’autres modifications structurelles importantes. Ainsi, pour pallier le manque de remplaçant•es dans les départements, le ministre se dirige vers la mise en place de temps de formation rémunérés sur les vacances. Cette augmentation du temps de travail, bien qu’en partie compensée financièrement, est une rupture avec le principe d’une formation continue sur temps de travail. Elle est inégalitaire, puisque certain•es ne pourront pas vraiment choisir d’y participer selon leur situation personnelle, et participe à une individualisation des carrières.

Au lieu d’investir la professionnalité des enseignant•es, comme celle des formateurs et formatrices, le ministère détourne une modification intéressante et met à mal les personnels sans répondre aux enjeux de l’école. Il faudrait pour cela reconnaître une expertise du terrain et s’appuyer sur les réalités de métier. La question de la formation continue est pourtant centrale pour lutter contre les inégalités scolaires et les déterminismes sociaux dans la réussite scolaire.