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Déclaration SNUipp-FSU au CSE du 15 septembre 2021

Mis en ligne le - Mis à jour il y a 1 mois

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Déclaration SNUipp-FSU au CSE du 15 septembre 2021

Monsieur le Ministre,

C’est dans des conditions difficiles que les enseignants du premier degré ont fait leur rentrée cette année. Ainsi après 18 mois de COVID le protocole prévu par votre ministère reste insuffisant et ne prend pas suffisamment en compte la nouvelle donne avec le variant Delta. Et les faits montrent depuis la semaine dernière que la contamination est bien là.

En effet, la contagiosité dans le milieu scolaire risque d’être importante, particulièrement en primaire où les enfants, au vu de leur âge, ne sont pas vaccinés. Le protocole mis en place dans nos écoles actuellement ne permet pas cette protection, le brassage effectué à la cantine mais également lorsque les enseignants sont absents et non remplacés va favoriser la contamination. Nous nous étonnons, par ailleurs, de ne pas avoir après 15 jours de classe de communication officielle sur le nombre de classes fermées et le nombre de tests réalisés. En ce début d’année, ce qui inquiète d’autant plus c’est que ce sont les mêmes classes qui risquent de refermer à nouveau dans quelques semaines.

C’est pourquoi, nous vous demandons de renforcer les mesures pour les semaines à venir, notamment en termes de dépistage. Les 600 000 tests proposés sont loin d’être réalisés et surtout ils ne seront pas suffisants pour prévenir la contamination. Pour être efficace, le conseil scientifique le dit, il faut tester régulièrement les élèves, deux fois par semaine et conditionner la présence à l’école à un test négatif. De toute évidence, cela éviterait les fermetures en cascade de classes. C’est d’ailleurs ce que font depuis plusieurs mois d’autres pays européens. Il faut également équiper les classes de détecteur de CO2 et purificateurs d’air en aidant financièrement les communes.
Ainsi donc après la satisfaction du retour en classe, c’est la réalité du quotidien qui revient rapidement notamment avec les ajustements de carte scolaire qui montrent un peu partout que des classes ne seront pas ouvertes alors qu’elles atteignent le seuil suffisant. Sur les 2489 postes créés, un nombre très faible est utilisé pour le remplacement alors que les difficultés ont été nombreuses et visibles l’année dernière.

Pourtant en ce début d’année, de premières remontées font état d’un manque persistant de remplaçants. Ainsi, vous avez donné l’autorisation un peu partout de recruter des contractuels en lieu et place des étudiants ayant obtenu le concours sur liste complémentaire. Le recours aux contractuels qui n’était pas courant dans tous les départements devient une pratique courante un peu partout. Par ailleurs, des départements nous font remonter des chiffres impressionnants avec des démissions de plus en plus importantes. Depuis très longtemps le métier n’attire plus, notamment au vu du déclassement salarial des enseignant-es. La mise en place de la réforme de la formation ne résoudra pas ce problème puisque là aussi les alternants ne se bousculent pas à la porte. C’est donc dans un mode très dégradé que l’école vit depuis plusieurs mois et la politique éducative mise en place ne permet pas d’en sortir.

Cette semaine, les évaluations nationales sont pour la quatrième année consécutive imposées, à tous les élèves de CP et de CE1, malgré critiques et oppositions de la profession comme de chercheurs·euses et des mouvements pédagogiques. Et le fait que selon la DEPP 78% des enseignant·es n’y trouvent que la confirmation de difficultés déjà repérées n’y change rien. La mise en place de ces évaluations a été accompagnée de dispositifs ayant des incidences importantes sur les pratiques enseignantes, particulièrement en Éducation prioritaire : formations limitées aux « fondamentaux » ministériels, guides prescriptifs qui limitent le pouvoir d’agir des enseignants, fin des “plus de maitres”.... Après 18 mois de crise COVID, il est manifeste que les inégalités entre élèves se sont creusées et pourtant aucune mesure n’est mise en œuvre par le ministère pour les résorber.

Enfin, les annonces du Président de la République à Marseille il y a dix jours ont provoqué de la colère et du mécontentement dans la profession. Loin de répondre aux véritables enjeux et besoins du terrain, cette expérimentation remet sur le devant de la scène le statut hiérarchique de la direction d’école largement rejeté par l’ensemble de la profession. Loin de traiter des questions de fond comme le bâti scolaire, les conditions de travail, les moyens de fonctionnement ou encore l’attractivité des postes, cette expérimentation aux contours très flous mettrait nécessairement en concurrence les écoles marseillaises et marquerait le début d’une dérégulation du fonctionnement de l’école. La réunion multilatérale qui s’est tenue hier au ministère n’a pas rassuré nos organisations syndicales. Nous avions beaucoup de questions, nous avons eu très très peu de réponses.