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Convention UMP sur l'Education : les propositions

Mis en ligne le - Mis à jour il y a 10 ans

Convention UMP sur l’Education : les propositions

Article de l’AEF

« Revoir l’obligation de service des enseignants » : c’est l’une des 30 propositions avancées par l’UMP dans le cadre de sa convention éducation, organisée à Paris mardi 8 novembre 2011.

Dans un document de synthèse, l’UMP estime qu’il « faut réfléchir à un nouveau statut des enseignants qui permette d’intégrer dans les missions des enseignants non seulement les cours mais l’accompagnement : tutorat, orientation, concertation ». « Cette redéfinition des missions pourrait aboutir à la création d’un nouveau corps qui concernerait les candidats à l’actuel Capes et qui serait ouvert aux professeurs certifiés en exercice, sur la base du volontariat », est-il précisé. Par ailleurs la mobilité des enseignants serait encouragée grâce à une « action concertée de communication de l’administration centrale et des services déconcentrés ».

À travers cette convention thématique, l’UMP réaffirme ses objectifs en matière d’éducation, en vue de l’élection présidentielle de 2012 : veiller à l’acquisition des fondamentaux, personnaliser l’action éducative, donner plus d’autonomie aux établissements.

Au total, le parti présidentiel fait 30 propositions pour passer « du savoir pour tous à la réussite de chacun ». Certaines de ces propositions sont d’ores et déjà lancées ou expérimentées par le ministère de l’Éducation nationale : diversification des parcours au collège, publication des évaluations-bilans des élèves et réforme de l’évaluation des enseignants, autonomie des établissements et recrutement sur profil des enseignants, comme c’est le cas dans les réseaux Éclair, et développement des masters en alternance ou encore l’apprentissage de l’anglais dès trois ans.

ÉVALUATION DES ENSEIGNANTS PAR LE CHEF D’ÉTABLISSEMENT

Pour « renforcer le pacte de carrière avec les enseignants », l’UMP propose une évaluation des enseignants par le chef d’établissement, en lien avec l’inspecteur pédagogique régional. La réforme de l’évaluation des enseignants est l’un des chantiers lancés par Luc Chatel, et actuellement en discussion à la DGRH. Dans les « grands » établissements, un « chef de département » pour chaque ensemble disciplinaire serait désigné parmi les enseignants pour « animer l’équipe de professeurs de sa discipline et participer à leur évaluation », et accompagner les jeunes enseignants au début de leur parcours.

S’agissant de la formation de ces « jeunes enseignants », l’UMP estime que les masters en alternance expérimentés dans 19 académies, doivent être généralisés. « Cette mesure vise à améliorer l’entrée dans le métier des jeunes enseignants, mais aussi à élargir la base sociale de leur recrutement, l’alternance étant rémunérée. Il s’agirait donc de renforcer le soutien pédagogique des jeunes enseignants lors de stages pré-masterisation. En effet, la formation des enseignants doit comporter une phase d’apprentissage comme c’est le cas dans d’autres métiers et cette étape est indispensable ». En outre pour améliorer la formation des enseignants aux « nouvelles pratiques numériques », l’UMP propose la création d’un opérateur public du ministère en charge du numérique et de l’édition », à partir du Cned et du CNDP.

RYTHMES SCOLAIRES ET MATERNELLE

La « réorganisation des rythmes scolaires » est au coeur du projet du parti. S’appuyant sur les travaux de la conférence nationale sur les rythmes scolaires lancée par Luc Chatel (AEF n°152631), l’UMP préconise : un allongement de l’année scolaire de deux semaines, avec « un même nombre total d’heures dans l’année mais qui seraient réparties sur trente-huit semaines au lieu de trente-six actuellement » et « la possibilité de rendre obligatoire la semaine de quatre jours et demi, après concertation entre les autorités locales, académiques et les parents d’élèves ». La journée serait réorganisée avec un temps de pause méridienne d’une heure et demie imposé, et un temps d’étude personnalisée obligatoire et encadré par un étudiant de master. Pour le collège, l’UMP vise une meilleure « jonction avec l’école ». « Les élèves de 6e et 5e pourraient ne plus changer de classe : les professeurs viendraient à eux, sauf pour les disciplines nécessitant des équipements adaptés (sciences ou sports) ». Au lycée, l’UMP préconise la suppression des cours le samedi matin « pour permettre aux lycéens de bénéficier d’un week-end complet en famille, et d’harmoniser le rythme scolaire des lycéens avec celui des primaires et des collégiens qui n’ont plus de cours le samedi matin ».

Pour les enfants de deux à trois ans, la création de jardins d’éveil est encouragée. « Conformément à l’engagement du président de la République, 200 000 offres d’accueil du jeune enfant seront créées d’ici 2012 pour répondre aux besoins des familles. Dans ce cadre, une expérimentation portant sur 8 000 places de jardin d’éveil a été lancée », rappelle l’UMP (AEF n°139254). « Le jardin d’éveil pourra être implanté dans des locaux communaux, ou être adossé à un établissement ou service d’accueil existant », propose l’UMP. « Le personnel recruté pour les jardins d’éveil devra être du personnel qualifié petite enfance. La commune et la communauté de communes seront les principaux porteurs de projet, mais dans certains cas, il pourra s’agir d’une entreprise, d’une association à but non lucratif ou encore d’un établissement public ».

Autre proposition : rendre l’assiduité obligatoire pour les élèves inscrits à l’école maternelle. « Le PS propose de rendre obligatoire la scolarisation, avec l’obligation pour les familles d’inscrire leur enfant à la maternelle. Nous sommes pour la liberté, pour le choix des familles. En revanche, lorsqu’un enfant est inscrit à l’école, il est fondamental qu’il soit présent en classe, suive les enseignements et soit assidu ». L’UMP propose ainsi de "réaménager les programmes et les emplois du temps », « notamment pour prendre en compte l’évolution de l’enfant entre la première et la dernière année de maternelle ».

AUTONOMIE PÉDAGOGIQUE

L’autonomie des établissements doit aussi être encouragée, selon le parti. « Cette autonomie pédagogique pourrait être consacrée aux approfondissements des programmes (le socle commun de connaissance restant la base commune), à l’organisation du travail des enseignants et à la possibilité d’aménager autrement les horaires des élèves, sur les modes privilégiés de groupement des élèves (groupes de compétence par exemple) sur une utilisation plus grande des postes à profil particulier ».Cette autonomie se traduirait par la possibilité pour le chef d’établissement de recruter librement son équipe enseignante et d’administration, en fonction du projet de son établissement. « Une telle évolution doit naturellement s’accompagner d’une formation à la GRH des chefs d’établissement et un renforcement de l’équipe de direction. » « Une réflexion doit aussi s’engager sur une évaluation du chef d’établissement en fonction des résultats qu’il obtient ».

Autre proposition : donner un statut juridique aux établissements de premier degré et à leur directeur.

Cette mesure, consistant à créer des Epep, et à l’étude depuis 2004 consiste à « doter l’école, actuellement dépourvue de la personnalité morale à la différence des collèges et des lycées, d’un statut juridique qui en permette une gestion pédagogique moderne et efficace » « Les écoles de petite taille pourraient être regroupées pour former un seul établissement, éclaté, et permettre ainsi une émulation pédagogique et une mutualisation des moyens humains, pédagogiques et financiers au bénéfice des élèves ». Le Sénat a voté en mars dernier la suppression de l’expérimentation des Epep.

COLLÈGE « POUR TOUS »

L’UMP ne souhaite pas remettre en cause le collège « pour tous » de la réforme Haby, mais entend « l’adapter aux nouveaux besoins des élèves qui sont plus diversifiés qu’auparavant ». Dans le cadre de la réforme du collège, une diversification des voies serait permise, afin que chaque enfant puisse s’orienter dès l’âge de 14 ans vers une voie de réussite qui lui correspond, tout en gardant une possibilité de réorientation ultérieure, à tout moment, car le collège doit préparer à toutes les voies. L’offre d’enseignement serait ainsi diversifiée à partir de la 4e. La loi Cherpion adoptée par le Parlement le 13 juillet 2011 introduit des dispositifs d’alternance personnalisé en 4e et 3e, et des stages en entreprise.

L’UMP avance l’idée d’ « expérimenter des établissements scolaires par classes (6-5e, 4-3e…) plutôt que par quartiers et de mettre en réseau ces établissements », pour « instaurer une vraie mixité sociale ». « Par exemple, dans une agglomération avec deux collèges, plutôt que d’avoir un établissement pour les élèves du centre-ville avec tous les niveaux (6e à 3e) et un collège pour les élèves du quartier populaire avec tous les niveaux (6e à 3e), on pourrait mettre en place des établissements par classes ; un établissement regroupant tous les élèves de 6e-5e de l’agglomération, un autre tous les élèves de 4e-3e »

ÉVALUATIONS ET PARENTS

S’agissant des évaluations-bilans pour les élèves de CE1,CM2 et 5e des élèves, l’UMP propose de les « rendre publiques », « afin de montrer la valeur ajoutée de chaque école et de chaque collège, à l’exemple des indicateurs de résultats des lycées » (AEF n°102274). « Dans ce cadre, un contrat d’objectif pourrait être passé avec le directeur de l’école afin de responsabiliser chaque école primaire sur ses résultats en matière de maîtrise des fondamentaux ». Pour permettre aux enseignants d’apprécier le travail des élèves, l’UMP propose en outre de « mettre des outils pédagogiques à disposition des enseignants, destinés à évaluer leurs élèves en début d’année de CM2 ».

Les parents seraient également mieux associés à la scolarité de leur enfant, ajoute l’UMP, qui cite le dispositif « mallette des parents », et le programme e « Ouvrir l’école aux parents pour réussir l’intégration » expérimenté dans l’académie de Paris, destiné à des parents d’élèves, étrangers ou immigrés d’origine extracommunautaire, où à raison de deux heures deux fois par semaine, les parents volontaires s’initient au français, apprennent le fonctionnement de l’école, le sens des activités dans les différentes disciplines ou la lecture du bulletin trimestriel. Ce dispositif serait généralisé.

INNOVATIONS ET « CONFIANCE EN SOI »

Les expérimentations telles que la méthode PARLER, ou les « pédagogies » innovantes testées dans les établissements Eclair : organisation de travaux interdisciplinaires et la conduite de projets ou l’organisation du temps scolaire par exemple.

L’UMP propose également d’ « encourager l’apprentissage précoce de l’anglais dès trois ans », comme l’a proposé Luc Chatel le 23 janvier 2011.« Cet apprentissage pourrait se faire en généralisant l’apprentissage à distance de l’anglais dès trois ans, via des outils ludiques », avance le parti.

L’UMP souhaite enfin « encourager l’effort et développer la confiance en soi de l’enfant », en développant les exercices de prise de parole, la restitution orale de travaux en classe, et en encourageant l’option théâtre. Dans le même esprit, la mobilité des élèves serait également encouragée dans le cadre du programme Coménius, qui permet les échanges et la coopération entre les établissements scolaires en Europe.