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Conférence de presse du SNUipp-FSU 68, jeudi 17 janvier 2013

Mis en ligne le - Mis à jour il y a 9 ans

Jeudi 17 janvier 2013, à 10h, le SNUipp-FSU a reçu la presse locale pour une conférence de presse centrée sur le refus du décret sur les rythmes scolaires.

Articles dans les quotidiens du 18 février 2013 :
- L’Alsace
- Les DNA

En voici le contenu :

Depuis plusieurs mois maintenant, le Président de la République et le Ministre de l’Education communiquent sur la priorité donnée à l’école primaire et sur l’ambitieux projet de la refondation de l’école. Les collègues dans les écoles ainsi que leurs représentants, les organisations syndicales étaient confiants et prêts à soutenir cet ambitieux projet de la refondation de l’école.
Dans ce projet, la réforme des rythmes scolaires a très vite pris le dessus sur le plan médiatique. Ceci jusqu’à apparaitre comme essentiel et fondamental.
Très vite, les enseignants se sont sentis simples spectateurs, le Ministre ne semblant pas vouloir les écouter.
Le SNUipp-fsu s’étant vu refuser la mise en place de journées banalisées de concertation avec les collègues, a organisé, avec l’institut Harris, une grande enquête auprès de l’ensemble de la profession. Cette enquête dont le sérieux est indiscutable a recueilli les réponses de quelques 24 000 collègues qui ont pu ainsi donner leur avis sur les différents volets de la refondation.

Cette enquête montre que les collègues souhaitent une grande réforme de l’école afin d’améliorer ses résultats mais disent que cette refondation doit être globale et insister sur les points faibles. Le SNUipp a participé activement à la phase de concertation en avançant ses idées et exigences pour les enfants et les collègues.

Le gouvernement avance maintenant en présentant un projet de loi dont tous les sujets ne sont pas clarifiés, il présente des décrets isolés et demande aux acteurs de l’école de donner un avis sans connaître la globalité du projet. Cette méthode apparaît bien brouillonne et a conduit le CSE (Conseil Supérieur de l’Education) du 8 janvier à refuser le projet sur les rythmes à une très forte majorité. Il en a été de même au CTM (Comité Technique Ministériel) du 11 janvier. Même l’association des Maires qui pourtant avait voté pour le 8 janvier a changé d’avis et rejoint les mécontents.

Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? La réforme des rythmes scolaires ne peut être le seul levier de la réussite de nos élèves.

A- Depuis des années maintenant des écoles travaillent avec des rythmes ou horaires différents. Le SNUipp-FSU a comparé les résultats aux évaluations nationales des écoles à 4,5 jours et celles à 4 jours. Rien ne montre un avantage à l’organisation à 4,5 jours. Ce retour à une semaine à 9 demi-journées n’allège que très peu le temps de classe des enfants chaque jour.

B- Le temps ainsi réduit ne peut convenir qu’à très peu de familles. Le temps de l’enfant doit donc être organisé et encadré au-delà du temps scolaire. C’est aux collectivités locales de prendre en charge ce temps supplémentaire tout en en maintenant la gratuité… Rien que cette partie du projet de décret ne peut qu’aggraver l’inégalité des enfants face à l’éducation dans son sens large. Une commune riche ou volontaire offrira des activités gratuites, une autre pourrait demander une participation aux familles. L’Etat fait sur ce thème un chantage plus que discutable : ne proposant son aide financière qu’aux seules communes passant à la semaine de 4,5 jours dès la prochaine rentrée. C’est en totale contradiction avec le rapport sur la concertation qui justifie la réorganisation du temps comme moyen de renforcement de l’égalité pour tous.

C- Les communes devront se prononcer avant le premier mars MAIS ne disposent à ce jour que de très peu d’informations. Le SNUipp-FSU 68 dénonce ce manque de transparence et invite les Maires à nous contacter ou à chercher les informations sur notre site.

D- Les collègues se voient imposer une demi-journée supplémentaire sans en voir les avantages pour leurs élèves et sans avoir la moindre compensation en échange.

E- Les conseils d’école se voient retirer leur pouvoir d’agir sur le rythme de leur école, avec l’avis des parents, des élus et des enseignants. Ce fonctionnement permettait à chaque commune, voire chaque école de travailler en fonction des réalités et exigences locales (CEL, RPI, choix locaux, etc…). Dans le projet de décret, non seulement ces CE n’auraient plus à donner leur avis mais notre recteur et notre Dasen parlent d’unifier et harmoniser les rythmes sur l’ensemble de l’Académie.

Le SNUipp-FSU 68 propose à tous d’entrer dans l’action pour faire comprendre au ministre que le projet de décret sur les rythmes scolaires ne peut être accepté en l’état. Il propose pour cela deux actions complémentaires.

Pour une première action, le SNUipp 68 demande à chaque école d’organiser un CE extraordinaire et d’y faire voter une motion. Cette motion lui permettra de se prononcer sur le passage à la semaine de 4,5 jours : acceptation dès 2013, report à 2014 ou maintien pur et simple au rythme actuel.
Cette motion sera envoyée aux maires, aux IEN, à Madame La DASEN, à Madame le Recteur et au SNUipp. Ceci pour montrer que les Conseils d’Ecole veulent rester maître de cette décision importante. Les élus, les parents et les enseignants y ont appris à travailler ensemble pour le bien des élèves.

Le SNUipp entend également la colère des collègues. Il sait que les parents et les élus sont très peu informés. Il les invite à le rejoindre pour sa 2ème action.
Le mercredi 23 janvier, le SNUipp organise un grand rassemblement devant l’Inspection Académique du Haut-Rhin, rue Henner, à Colmar à 14h. Un autre suivra devant la préfecture à 15h, rue Bruat, à 15h. Dans les deux cas, le SNUipp sera reçu par les deux représentants de l’Etat que sont Madame la Dasen et Monsieur le Préfet. Il pourra alors relayer et faire remonter les arguments que je viens de vous expliquer.
Pour l’instant, seul FO et le SNE ont répondu à la proposition d’action intersyndicale du SNUipp. Nous ne désespérons pas de voir les autres organisations nous rejoindre.
Le SNUipp demande à tous les collègues à se rassembler pour montrer leur désaccord sur ce projet de décret sur les rythmes scolaires. Il invite tous les parents, tous les élus locaux et toutes les personnes se sentant concernées par cette refondation à se joindre à nous le 23 janvier.

Le SNUipp-FSU rappelle également qu’avec la CGT et Solidaire, il a déposé un préavis de grève pour le jeudi 31 janvier pour le retrait du jour de carence, l’augmentation des salaires et l’amélioration de l’emploi dans la fonction publique, amélioration des rapports avec la hiérarchie.