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Document publié le 2008-02-27 22:03:00 © SNUipp-FSU Haut-Rhin



Projet de nouveaux programmes pour l’école primaire Publié le: mercredi 27 février 2008





Les nouveaux programmes 2008

Discours de présentation des nouveaux programmes par Darcos

Le projet des nouveaux programmes

Synthèse des nouveaux programmes

Progression des apprentissages selon les niveaux

La position du SNUipp 68

"Diviser par trois, en cinq ans, le nombre d’élèves qui sortent de l’école primaire avec de graves difficultés et diviser par deux le nombre d’élèves ayant pris une année de retard dans leur scolarité : tels sont les résultats que j’attends de la réorganisation du temps scolaire et de la réécriture des programmes du primaire que je veux vous présenter ce matin", assure le ministre de l’Éducation nationale, Xavier Darcos, ce mercredi 20 février 2008, lors de la conférence de présentation des nouveaux programmes de l’école primaire. Cette révision des programmes, dont la dernière édition date de 2002, s’inscrit dans le cadre de la suppression des deux heures de classe du samedi matin "rendu aux familles". Ces programmes, centrés sur les "enseignements essentiels", et notamment le français et les mathématiques, accompagnent le passage de la durée hebdomadaire de l’instruction obligatoire de 26 heures à 24 heures.

- DES HORAIRES "PRÉCIS" PAR DISCIPLINE.

Les nouveaux programmes "comportent désormais des horaires plus simples et plus précis, qui définissent un horaire unique clairement identifié pour chaque discipline au lieu des fourchettes horaires prévues par les anciens programmes", indique Xavier Darcos. Sur les 24 heures de cours hebdomadaires, 10 heures seront consacrées au français en cycle 2 et 8 heures en cycle 3, contre une fourchette de "six et huit heures" auparavant. L’horaire d’éducation physique et sportive passe de 3 à 4 heures par semaine. Les programmes de sciences, d’histoire géographie et de pratique artistique sont "recentrés sur l’essentiel". Pour ces disciplines, ainsi que pour l’enseignement des langues, une fourchette horaire devrait être arrêtée par le ministère dans les prochains jours, précise Jean-Louis Nembrini, directeur général de la DGESCO.

- FRANÇAIS.

Les nouveaux programmes marquent également le retour à une organisation des programmes par disciplines, "particulièrement sensible dans les domaines du français et en mathématiques". "L’enseignement de la grammaire, du vocabulaire et de l’orthographe est désormais abordé de manière explicite et il nous a paru important qu’un enfant qui sorte de l’école primaire ait appris l’ensemble des temps de l’indicatif, y compris le futur antérieur et le plus-que-parfait", poursuit, Xavier Darcos, saluant en outre le retour la récitation et de la rédaction dans les programmes officiels.

- CYCLES.

"À l’heure où la quasi-totalité des élèves poursuivent leur formation au-delà de la scolarité obligatoire, l’école primaire ne doit plus chercher à transmettre en quelques années la totalité des champs du savoir, mais de donner à l’individu toutes les clés pour les approfondir ultérieurement." "Dans les différentes disciplines on donne les bases pour qu’on puisse entrer dans les disciplines., apprendre des repères qui permettront ensuite de rentrer dans les matières et de structurer les apprentissages", indique Jean-Louis Nembrini. Le document de 20 pages, qui accompagne les programmes doit permettre de fixer des objectifs précis en fonction de chaque cycle et de chaque niveau : "Les cycles insuffisamment expliqués donnent l’impression qu’on a tout le temps pour apprendre. C’est la grande erreur. Il y a des moments d’accélération", explique Jean-Louis Nembrini.

- MATHÉMATIQUES.

En mathématiques les programmes "prévoient le renforcement des techniques opératoires. "Les élèves devront maîtriser parfaitement les quatre opérations avant d’entrer au collège et savoir pratiquer une règle de trois. On s’étonne même de devoir formuler de telles exigences", martèle Xavier Darcos, qui souhaite encourager une "pratique quotidienne du calcul mental".

- HISTOIRE.

Selon le ministre, "l’histoire fait désormais l’objet d’un véritable enseignement, introduisant chez l’enfant des repères chronologiques fondés sur la connaissance des grandes dates de l’histoire de France et l’existence des personnages, contrairement aux programmes précédents qui affirmaient qu’à cet âge, ’il ne s’agit pas encore de faire de l’histoire." Les nouveaux programmes feront "explicitement référence à la question de la traite des Noirs et de l’esclavage, ainsi qu’à l’extermination des Juifs et des Tziganes par les nazis". Sur ce sujet, Xavier Darcos rassemblera mercredi 27 février des "personnalités qui se sont intéressées à la Shoah", parmi lesquelles Simone Veil ou encore Claude Lanzmann. Elles travailleront sous la coordination d’Hélène Waysbord-Loing, présidente de l’association de la maison des enfants d’Izieu à la "présentation dans un mois d’un projet qui répondra à la commande du président du président de la République". La géographie devra permettre aux élèves "à partir de l’échelle locale puis nationale, de comprendre les caractéristiques de la géographie de la France dans un cadre européen et mondial".

- HISTOIRE DES ARTS.

Une initiation à l’histoire des arts est introduite dès le cours préparatoire et bénéficie d’un programme précis dès le CE2, en "lien avec l’étude des six périodes chronologiques prévues par le programme d’histoire". Un horaire spécifique de 30 heures sera attribué au cycle 3, "avec un minimum de 20 heures annuelles en liaison avec l’enseignement de l’histoire, de la pratique artistique et du français". Une éducation au développement durable est intégrée à la fois au programme de géographie et au programme de sciences du cycle 3.

- INSTRUCTION CIVIQUE ET MORALE.

L’introduction de l’instruction civique et morale - qui remplace l’éducation civique - annoncée par Nicolas Sarkozy vendredi 15 février à Périgueux doit permettre à "l’enfant de découvrir progressivement les valeurs, les principes et les règles qui régissent l’organisation des relations sociales, depuis l’observation des règles élémentaires de civilité jusqu’aux règles d’organisation de la vie démocratique". "Les principes de la morale et l’importance de la règle de droit" seront notamment présentés au travers de "maximes" telles que " la liberté de l’un s’arrête là où commence celle d’autrui" ou "nul n’est censé ignorer la loi" dans le cadre de cet enseignement, qui inclut la connaissance des "symboles de la République française et, pour la première fois, des symboles de l’Union européenne". Dès la maternelle, les élèves devront apprendre le vouvoiement de leurs professeurs : "On ne dit pas tu à tout le monde. Pourtant, rassurez-vous, je ne viendrai pas vérifier dans toutes les classes que les élèves vouvoient leurs enseignants", réagit Xavier Darcos, interrogé par un journaliste sur la pertinence d’une telle mesure dans les classes de maternelle.

- MATERNELLE.

Les textes confèrent selon Xavier Darcos une "très forte cohérence" aux programmes de l’école maternelle, "dont la finalité très clairement affirmée est de préparer les élèves à l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul tout en conservant sa spécificité propre". Ils mettent en outre l’accent sur l’apprentissage du vocabulaire, conformément aux recommandations du rapport Bentolila.

- ÉVALUATION DES CLASSES.

Au nom du respect de la liberté pédagogique des enseignants, "mieux placés pour connaître les capacités de leurs classes et choisir la méthode la plus appropriée pour les faire progresser", le ministre ne devrait pas éditer de documents d’accompagnement. Le ministre veillera cependant à ce "à ce que ces nouveaux programmes et cette nouvelle organisation du temps scolaire contribuent à l’amélioration significative des résultats de chaque école". Ces résultats seront communiqués aux familles selon des modalités qui seront définies "au cours des prochaines semaines". Interrogé sur l’esprit de ces évaluations, Xavier Darcos a assuré qu’il n’était "pas question de restaurer le classement". "Ce qui compte c’est qu’on sache comment évolue la classe. Il faut aussi que la famille sache où se trouve l’enfant dans la classe sans toutefois entrer dans une logique de mise en concurrence des écoles entre elles". Il s’agira de mener une "communication transparente" tout en "veillant à éviter le grand marché libéral de l’école primaire". "Les résultats de ces évaluations ne seront ni un critère de redoublement pour le CE1, ni un examen d’entrée en sixième pour les CM2", a-t-il ajouté.

- INSPECTION.

"Ce que je veux évaluer c’est le résultat des élèves. Ce que je veux c’est que l’inspecteur fasse travailler les élèves pour voir s’ils réussissent les exercices et si ça ne fonctionne pas, qu’ils disent pourquoi", a répondu Xavier Darcos, interrogé par un journaliste sur la volonté de voir les professeurs des écoles "inspectés tous les deux ans". D’une visite à l’autre, les inspecteurs devront apprécier les progrès de la classe, en tenant compte de du "contexte de l’école", a précisé le ministre confirmant son engagement de doubler le nombre de postes d’inspecteurs aux concours dès la rentrée prochaine.

- CONSULTATIONS.

Les textes seront soumis aux enseignants au cours d’une demi-journée banalisée après les vacances de février, "afin qu’ils formulent des remarques", selon un processus en cours de définition. Le ministère devrait suivre plus attentivement les débats dans 30 établissements. Les projets de programme passeront ensuite par les "filtres habituels", poursuit le ministre : ils seront soumis au vote du HCE "après les consultations", avant un passage devant le CSE en mai.