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Document publié le 2018-04-11 19:01:00 © SNUipp-FSU Haut-Rhin



“L’ouverture à la concurrence va faire baisser les prix et améliorer la qualité du service” Publié le: mercredi 11 avril 2018





“L’ouverture à la concurrence va faire baisser les prix et améliorer la qualité du service”

source : blog Revue Frustation

Le gouvernement s’applique à détruire de l’idée même qu’un régime de retraite puisse permettre de partir plus tôt dans certains cas, et que la pénibilité soit prise en compte, mais il fait aussi un cadeau conséquent aux entreprises privées qui investiront dans quelques années le lucratif marché du rail : lucratif parce qu’ils pourront faire appel à une main d’œuvre peu coûteuse, parce qu’ils pourront s’affranchir des nombreuses normes en matière de formation ou de sécurité auxquelles la SNCF- bien heureusement d’ailleurs- est soumise à l’heure actuelle. Bref, un marché ouvert, déréglementé et sans contraintes.

Et que nous rapportera cette concurrence en lieu et place du sordide monopole actuel ? L’exemple du fret français et du transport de voyageurs britannique peuvent nous servir de boule de cristal, et attention les yeux.

En France, le transport de marchandise a été ouvert à la concurrence en 2006. Le bilan est catastrophique, sauf si l’objectif était de tuer l’activité : alors qu’en 1947, 75 % des marchandises transitaient en France par le rail, ce taux n’est plus que de 10 % en 2014. De 1990 à 2015, le transport routier de marchandises a crû de 40 % tandis que le transport ferroviaire baissait de 34 %. La part modale du transport routier atteignait 85 % en 2014, contre 82,6% en 2008. La France est le seul pays d’Europe occidentale où le fret s’est effondré à ce point en quinze ans. Pour la SNCF, la concurrence a causé plus du doublement de la dette imputable au fret entre 2008 et 2014, selon la Cour des comptes. Pas les cheminots, l’ouverture à la concurrence du fret !

Si vous traversez la Manche, vous ferez un saut dans un futur plutôt moche : 20 ans après la privatisation de British Rail, la qualité du transport ferroviaire s’est fortement dégradée : Hausse incontrôlée du prix des billets (estimée à +27% en moyenne depuis 2010), trains supprimés et réduction du personnel conduisent près de deux Britanniques sur trois à souhaiter une renationalisation complète. Ils déboursent chaque mois six fois plus que les Français simplement pour se rendre sur leur lieu de travail. 14% de leur revenu mensuel, très exactement, contre 2% pour les usagers de l’Hexagone.