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Document publié le 2012-03-29 09:27:46 © SNUipp-FSU Haut-Rhin



Créer des "conseils de soutien" à l’école, mesure "cache-misère". Publié le: jeudi 29 mars 2012





Primaire : Nicolas Sarkozy propose la création de « conseils de soutien » pour venir en aide aux « élèves en perdition

Dans ces équipes qui seront sollicitées par le conseil de soutien pour intervenir, nul doute que des Rased seront présents », affirme à AEF Jean-Baptiste de Froment, conseiller éducation de Nicolas Sarkozy, mercredi 28 mars 2012. La veille, lors d’un meeting à Nantes (Loire-Atlantique), le candidat UMP à l’élection présidentielle a proposé que « chaque directeur d’école puisse avoir une enveloppe de crédit pour aider et suivre plus particulièrement, avec les spécialistes nécessaires, les enfants en difficulté, en maternelle et en primaire ». En effet, « beaucoup d’enfants, peut-être 100 000 sur une génération de 750 000 chaque année, ont des difficultés, trop lourdes pour que l’enseignant puisse les aider et les parents sont souvent trop démunis pour y faire face », estime Nicolas Sarkozy. Le candidat UMP doit présenter son programme chiffré la semaine prochaine. « Mon objectif pour les cinq années qui viennent, c’est qu’on sauve ces enfants en perdition [car] nous sauverons l’équilibre de notre société », affirme le candidat. « Voilà une des priorités de mon quinquennat. Elle n’est pas technique, elle est simplement humaine. »

« Ce dispositif annoncé est à considérer comme un plus », poursuit le conseiller, interrogé par AEF sur l’avenir des personnels Rased dans le cadre de la mise en place de ces « conseils de soutien ». Néanmoins, le dispositif « aura peut-être pour conséquence dans un second temps » la disparition des maîtres spécialisés. « Il faut plus de cohérence de l’ensemble des dispositifs qui existent pour répondre à la difficulté scolaire. Les Rased doivent trouver leur place. »

De son côté, le Snuipp-FSU estime qu’ « en cinq ans, un tiers de l’effectif total des Rased a disparu des écoles » (AEF n°161480). Jean-Baptiste de Froment rappelle alors que la « politique par rapport aux Rased a consisté à diminuer le nombre de postes des maîtres spécialisés en charge de la pédagogie, car nous considérons que la pédagogie est l’affaire des maîtres à l’intérieur de l’école. »

Elle a également permis de « sédentariser un certain nombre de ces maîtres », poursuit le conseiller. Selon lui, le dispositif Rased est « discutable », puisqu’il implique une « itinérance » de ces personnels, induisant « beaucoup de perte de temps ». En outre, les Rased sont des personnes « extérieures à l’école, qui ne viennent que pour quelques heures. La cohérence et la coordination avec ce qui se fait à l’école n’est pas toujours assurée. » Enfin, le fait de « sortir » l’élève de la salle de classe pour lui apporter un soutien peut « accentuer le décrochage » de l’élève, lequel a du « mal à se réinsérer dans la classe ».

ORTHOPHONISTES, ASSISTANTES SOCIALES, PSYCHOLOGUES

La proposition de créer des « conseils de soutien », « inspiré[e] par Jean-Louis Borloo » est « salu[ée] avec enthousiasme » par Luc Chatel, ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative. Dans le texte de la « convention nationale projet » du parti radical en date du 4 février 2012, Jean-Louis Borloo évoquait la création de tels conseils de soutien et proposait que « chaque établissement dispose de 2 000 euros par enfant détecté. » L’ancien ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer a récemment rallié Nicolas Sarkozy.

Jean-Baptiste de Froment précise que de tels conseils de soutien existent déjà « dans les quartiers » dans le cadre des programmes de réussite éducative. « Ce que l’on voudrait, c’est aller plus loin en mettant en place ces conseils de soutien pouvant faire appel à une équipe pluridisciplinaire d’orthophonistes, d’assistantes sociales, de psychologues scolaires capables de prendre en charge les difficultés lourdes, souvent d’ordre extra cognitif. » Dirigé par le directeur de l’école, en lien avec la commune, ce conseil se « réunira régulièrement dans l’école pour identifier les problèmes et ensuite faire un certain nombre de prescriptions », telles que conseiller à un élève de prendre rendez-vous chez un orthophoniste.

CHÈQUES REMÉDIATION

Tandis que ces dispositifs, dans le cadre des programmes de réussite éducative, concernent « tous les élèves d’une zone », ces conseils de soutien auront une action « beaucoup plus concentrée sur les élèves du premier cycle en difficulté, soit la grande section de maternelle, le CP et éventuellement le CE1 », indique Jean-Baptiste de Froment. Autre différence, « les moyens seront plus importants ». « On distribuera à ces conseils de soutien des chèques remédiation. Ils auront ensuite la possibilité de les utiliser comme ils le veulent. C’est un dispositif qui se base sur l’autonomie des acteurs locaux. »

Jean-Baptiste de Froment rappelle encore que durant le quinquennat, le ministère a « avancé sur la difficulté scolaire, grâce à la réforme de l’école primaire et à l’aide personnalisée de deux heures par semaine » mais que « pour la très grande difficulté, il reste encore des choses à faire, et ces dispositifs sont insuffisants. »