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Document publié le 2010-12-08 19:16:22 © SNUipp-FSU Haut-Rhin



Le rapport TABAROT sur les rythmes scolaires Publié le: mercredi 8 décembre 2010





Le rapport TABAROT sur les rythmes scolaires

L’intégralité du rapport en ligne

Le rapport Tabarot préconise d’ « interdire la semaine de quatre jours » et de « raccourcir les vacances d’été ».

Interdire la semaine quatre jours au profit d’une semaine de quatre jours et demi ou cinq jours : telle est la principale « piste » proposée par Michèle Tabarot dans son rapport d’information sur les rythmes scolaires, rendu public mercredi 8 décembre 2010. La député UMP des Alpes-Maritimes remettra ses conclusions le 15 décembre au ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative Luc Chatel ainsi qu’aux membres de la conférence nationale sur les rythmes scolaires, qui doivent rendre leurs arbitrages en « mai-juin 2011 ». La mission d’information sur les rythmes scolaires, mise en place le 28 avril 2010 , s’est d’abord intéressée à l’école primaire avant d’élargir son périmètre au second degré .

« La portée politique et symbolique d’une telle décision serait importante. Elle manifesterait clairement la volonté des pouvoirs publics de placer l’intérêt de l’enfant au centre de la nouvelle organisation du temps scolaire en allant au-delà des intérêts acquis », souligne la député. « Elle apporterait une indéniable restriction à un système ’décentralisé’ de gestion du temps scolaire, il reviendrait, selon le schéma présenté à la mission par les corps d’inspection, au niveau communal de décider, dans le cadre d’un nombre annuel d’heures d’enseignement fixé au niveau central, l’organisation de la semaine scolaire. »

QUATRE JOURS ET DEMI OU CINQ JOURS

« Ceci étant posé, il resterait à déterminer si la semaine doit être organisée en quatre jours et demi ou cinq jours », poursuit Michèle Tabarot. « La première option conduit à articuler la semaine autour de neuf demi- journées, dont une demi-journée de scolarisation le mercredi matin », comme l’autorisent déjà les règles qui encadrent actuellement le temps scolaire, sous réserve que le projet du conseil d’école allant dans ce sens soit approuvé par l’inspecteur d’académie, directeur des services départementaux de l’éducation nationale. « Cette procédure d’autorisation préalable pouvant constituer un frein au développement de la semaine de quatre jours et demi, celle-ci pourrait être abrogée, la décision de scolariser le mercredi matin étant alors directement prise au niveau communal, ce dernier échelon de décision semblant, ainsi que cela a déjà été souligné, le plus pertinent », avance le rapport.

De même, « les avantages d’une semaine scolaire de cinq jours ne seraient pas négligeables ». Ceux-ci « ont été particulièrement mis en évidence par les emplois du temps de l’école primaire Möwensee-Grundschule ’à la journée’ que la mission a visitée, le 28 mai dernier, à Berlin », détaille Michèle Tabarot. « L’école à la journée a pour ambition de développer des compétences chez l’élève (individuelle, méthodologique, sociale, etc.), en alternant l’enseignement et les activités périscolaires, de façon à ne pas séparer la socialisation de la pédagogie, et en faisant ainsi de l’école un ’lieu de vie’ et non de cours. » La député estime que « cet objectif doit être mis en lien avec le fait qu’à Berlin, 40 % de la population est issue de l’immigration ». Ainsi ; « l’allongement de la journée vise à faire en sorte que les élèves étrangers soient davantage imprégnés de langue et de culture allemandes », relève-t-elle.

DES LOISIRS L’APRÈS-MIDI

En organisant les activités de loisirs principalement l’après-midi, « cette école met en œuvre une organisation du temps scolaire respectueuse des rythmes de l’enfant ». En outre, « elle répond – sans l’avoir voulu, bien entendu ! –, au souhait des chercheurs entendus par la mission, de différencier le temps scolaire selon l’âge des enfants », se félicite la député. « Ainsi, de la première à la sixième année d’école, on passe de vingt-et-une à trente-et-une périodes d’enseignement, étant précisé que plus l’élève est âgé, plus la part occupée par les loisirs dans son emploi du temps diminue. » En outre, « cet emploi du temps organisé sur cinq jours permet de consacrer beaucoup d’heures à la pédagogie différenciée, puisqu’il prévoit un nombre important de travaux en petits groupes et de classes dédoublées. »

Enfin, « cette organisation hebdomadaire implique un réel travail de coordination entre les enseignants, chargés des cours, et les éducateurs, chargés des activités péri-éducatives, ces derniers étant placés sous la responsabilité du directeur de l’école ». « L’école à la journée allemande pourrait être un exemple à étudier », conclut Michèle Tabarot.

RÉDUIRE LES VACANCES D’ÉTÉ

Seconde proposition clé de la mission d’information : la réduction des vacances d’été, considérée par Michèle Tabarot comme « un choix inévitable mais problématique ». La député souhaite « aller vers une année scolaire de 180 à 200 jours » contre 144 actuellement. « Il faudrait diminuer le nombre de zones de vacances de trois à deux, une piste avancée par Pierre-Yves Jardel, représentant de l’AMF (Association des maires de France). Si les vacances d’été faisaient l’objet d’un zonage, « cela permettrait de répondre à la demande, d’ailleurs formulée devant la mission, des professionnels du secteur du tourisme, désireux d’amplifier la ’saison’ de la période estivale, en l’étalant sur les mois de juillet et d’août’. ’Il y a peut-être là matière à compromis avec l’un des fleurons de notre économie pour obtenir une réduction des vacances d’été », suggère le rapport. Michèle Tabarot ajoute que « ce compromis serait d’autant plus facile à obtenir si les classes de neige et de mer étaient développées dans le cadre des partenariats systématiques que l’Éducation nationale devrait, selon la co-présidente du comité de pilotage de la Conférence nationale sur les rythmes scolaires, Odile Quintin, conclure avec les autres ministères et les collectivités territoriales ».

En outre, « ce raccourcissement permettrait de répondre à une nécessité pédagogique, soulignée par Philippe Claus, le doyen du groupe de l’enseignement primaire de l’Igen : si les connaissances ne sont pas entretenues pendant deux mois, cela se traduit, pour les écoliers, par des résultats catastrophiques en début d’année scolaire », poursuit le rapport. « La coupure trop importante des vacances d’été a conduit l’Éducation nationale à mettre en place ce que cet interlocuteur de la mission a qualifié de ’subterfuges’ : les stages de remise à niveau durant la dernière semaine des vacances d’ été. » Selon lui, ces stages qui ont concerné 119 989 élèves de CM1 et de CM2 en 2009, ne visent « pas à traiter les difficultés scolaires, mais seulement à ’rafraîchir’ [la] mémoire [des élèves] ».

Le rapport cite « l’exemple d’un dispositif d’aménagement du temps scolaire ayant conduit à raccourcir les grandes vacances et qui donnait satisfaction aux intéressés », à Épinal (Vosges). « Avant la réforme de l’enseignement primaire de 2008, [ces écoles] assuraient 22 heures 30 d’enseignement (au lieu de 26 heures), le rééquilibrage se faisant avec trois semaines de vacances en moins l’été, « l’année scolaire se termina[nt] en effet le 10 juillet pour recommencer le 25 août ».

Enfin, « il serait souhaitable de respecter l’alternance de sept semaines de classe et de deux semaines de vacances prévue par le législateur, ce qui impliquerait d’allonger les vacances de la Toussaint et de réorganiser le troisième trimestre ».

QUEL IMPACT ÉCONOMIQUE ?

La mission d’information précise encore que « les représentants des professionnels et ceux du ministère de l’économie entendus ont fait état, à ce stade, de l’absence de toute étude chiffrée sur l’impact économique d’une réduction des vacances d’été ». « Peut-être faudrait-il obtenir qu’une évaluation des effets, sur l’activité, d’un raccourcissement – de deux à trois semaines – des vacances scolaires d’été soit effectuée, afin de dissiper les craintes infondées », suggère Michèle Tabarot. « Le calcul serait, n’en doutons pas, d’une redoutable complexité, mais il mériterait de démontrer notamment que le quartier, la commune et le pays tout entier tournent au ralenti pendant les périodes de congés scolaires et qu’a contrario, plus « d’école » entraînerait une plus grande création de richesses. »